Revue de presse

On l’a connu chanteur de Katé-mé, toujours chanteur du « Jeu à la nantaise » ; mais Sylvain Girault, devenu ici Giro, possède tellement de cordes à son arc. Le voici auteur-compositeur-interprète, sur cet album un brin étrange, à la fois pop et folk. Il y a du Gabriel Yacoub dans ses inspirations et ses intonations, ou encore du Dominique A.

Ouest-France Quimper le 11 décembre 2014, dans la sélection des albums de l’année 2014 / Le lac d’Eugénie

Sylvain GirO en concert au Guingois à Montluçon. On est à un spectacle, presque une pièce de théâtre. Les mélodies sont entêtantes, les sonorités rock sont efficaces, les musiciens hors pair. De quoi vous faire dire qu’un artiste, ce n’est pas qu’une voix pour laquelle on se retourne si elle nous touche, c’est tout un univers.

Journal La Montagne - 19 janvier 2014 / Scènes

"Théâtrale et atmosphérique, toute en nuances et en contrastes, leur musique convoque souvent les grandes figures de l’âge d’or du rock progressif anglais, évoque parfois le lyrisme fiévreux de Noir Désir. Le chant de Sylvain GirO, intense et vibrant, puise à la source du meilleur Malicorne et se pare épisodiquement de motifs celtiques. Et le récit se déroule entre rêve et réalité, à la manière de l’histoire de Melody Nelson, le chef-d’oeuvre de Gainsbourg. Pétri d’autant d’imposantes influences ou références, assumées ou inconscientes, le spectacle aurait pu sombrer dans une emphase démodée et sans issue. C’est tout le contraire qui se produit. L’expression est neuve, inouïe, totalement à part dans le paysage de la chanson française. Présence scénique massive, terrienne, presque chamanique, Sylvain GirO conte, chante et nous captive, au fil d’une histoire improbable, empreinte d’une poésie onirique et ardente, jusqu’à noyer délicieusement notre raison dans les eaux troubles de l’étrange lac d’Eugénie. Un chef-d’oeuvre du genre."

Yann Olivier, directeur de la salle de spectacles l’Odyssée à Orvault (44) / Scènes

Épuré, intimiste. Le deuxième disque de Sylain GirO, Les camélias de Nantes, est une perle rare dans la chanson française. Il n’y a pas grand chose… Une voix et un violoncelle. Mais en même temps, il y a beaucoup. Connu en tant que leader du groupe de musique bretonne Katé-mé entre 1999 et 2009, Sylvain Girault a troqué quelques lettres de son patronyme pour entamer en 2011 une aventure plus perso. Après Le batteur de grève, c’est avec un six titres en duo que nous revient celui qui est aussi directeur du Nouveau pavillon de Bouguenais. Les camélias de Nantes brille par sa simplicité apparente. Deux lignes de crêtes se suivent, se chevauchent, s’entremêlent parfaitement : la voix syncopée de Sylvain GirO, et l’intense phrasé du violoncelliste Erwan Martinerie. Sylvain GirO prend des risques comme peu d’artistes de son domaine. Sa musique est pleine de silences, ses chansons sans harmonie. On est là dans une sobriété qui peut dérouter, mais qui instaure une certaine magie. Car le résultat est une musique qui respire. L’auditeur prend le temps de laisser éclore les mots du chanteur comme des bulles de savon finissant par s’évaporer dans le sillage du violoncelle. Et puis, il y a le sens, le texte. Car Sylvain GirO n’est pas du genre à écrire pour écrire. Et là aussi, il surprend. Le chanteur aborde un répertoire réaliste avec une force poétique. GirO ne parle pas du chômage (Au delà de l’hiver), il évoque l’homme aux “mains devenues grises et inutiles”. Il ne raconte pas la maladie d’Alzheimer, mais il décrit La Dame de Maumusson “qui demande l’autorisation de reprendre sa respiration"… Avec cet album très personnel, Sylvain GirO réussit à explorer, à défricher sur le terrain des émotions. Et c’est pour lui toute la raison d’être d’un artiste.

Pierre-Adrien Roux, Presse-Océan, janvier 2014 / Les camélias de Nantes

"Pertinence", c’est l’un des premiers mots qui vient à l’esprit à l’écoute du duo Sylvain GirO - Erwan Martinerie (vendredi 29 novembre à la Manufacture Chanson Paris), aussi nommé Giro Duo, pertinence d’une expression tournée vers l’amour dont le souffle n’épouvante pas l’analyse, dont le mouvement vers l’autre tend sans cesse à l’approfondissement des choix. Le fieffé équilibre entre les deux hommes livre quelques désirs de restauration nécessaire d’une soif de savoir et de vivre. "Glaner n’est pas inconséquent, ramasser les restes de vie". La lumière des mots entrelacés ou surgissant des habiletés du violoncelle se fait tour à tour éclatante ou tamisée, fulmine parfois de petites douleurs. La musique s’offre un champ large qui va jusqu’à toucher le blues, champ des peines, champ des maux qui dévorent, mais aussi des mystères de la simplicité, de nos différences et de ce qu’elles transforment. Il est des concerts où le mot rappel prend un sens distinctif. Où l’on replonge dans un élan de fraîcheur, d’escalade, de dépassement et de restitution du naturel. En rappel donc, Sylvain GirO et Erwan Martinerie reprennent Notre Dame des Oiseaux de Fer, une des grandes chansons de luttes réalistes de notre époque, écrite par Sylvain et mise en musique par le Hamon Martin Quintet qui l’a popularisée (Ursus Minor et Hymas & the Bates Brothers l’ont aussi inscrite à leur répertoire). Leur version indique l’équation première, elle ose marquer le plein dans le monde vide, corps et esprits qui veulent, qui peuvent. Elle impressionne et livre un autre passage, concentré, sur le but à obtenir : "Le printemps".

Jean Rochard - Nato Music - Le GLOB (blog de Jean Rochard) / Les camélias de Nantes

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