Revue de presse

Le comité d’écoute du centre de la chanson tient à saluer particulièrement Les camélias de Nantes de Sylvain GirO :
"Une voix singulière, immédiate, profonde, aux nuances variées : de syncopes en onomatopées, une voix qui se joue de ses propres rythmes intérieurs, et nous entraîne avec bonheur "Au-devant de l’hiver"… Un accompagnement minimaliste, subtil, épuré, qui laisse la part belle aux intonations de la voix nue de Sylvain Giro, et se créer le dialogue avec l’émouvant violoncelle d’Erwann Martinerie, son complice de scène. Le texte suggère, avec pudeur et un rien d’ironie une mort qui n’a pas eu lieu ; une poésie qui effleure avec tendresse et pudeur, encore, cette "Dame de Maumusson" qui est "déjà partie pêle-mêle" loin de ce monde mesquin et sans pitié pour elle… Des mots, enfin, qui se répètent et se mêlent au rythme des cordes et au son de la voix pour mieux nous envouter…Chanteur emblématique du groupe de chant traditionnel Breton Katé-Mé, Sylvain Giro nous offre ici ses premiers titres solos, son univers, son écriture originale et libre de toutes contraintes de forme, sa voix qui est musique. Il nous promet un nouvel album pour 2014 : on l’attend avec impatience !"

Centre national de la chanson - janvier 2014 / Les camélias de Nantes

Sylvain GirO est l’un des rares à risquer aujourd’hui le dénuement musical pour faire de sa voix un instrument à part entière. L’importance des mots, la technique ou les possibilités vocales propres aux musiques populaires, on ne sait ce qui motive GirO à utiliser sa voix la sorte. Sans doute un peu tout cela. La poésie est bien là, au centre du terrain, elle exprime une sensibilité, une énergie aussi, une militance, une ode à l’humain, à ses richesses, à ses souvenirs, à dame nature aussi. Après un premier disque Le batteur de grève, un album résolument rock qu’il inventa avec Julien Padovani et Jean-Marie Nivaigne, Sylvain choisit pour ce second disque enregistré en public Erwan Martinerie et son violoncelle comme unique compagnons. Changement de proposition musicale donc, un univers à la croisée de la chanson, des musiques populaires, de la musique contemporaine, du jazz même parfois. Cet unique violoncelle, souvent décrit comme l’instrument le plus proche de la voix, l’accompagne à merveille. Frottées les cordes confèrent une gravité au propos, un côté solennel et beau. Pincées elles marquent une cadence, une légèreté, font résonner les mots. Sylvain GirO interroge, fait parfois frissonner, nous rappelle Ferré. ça fait du bien !

Cécile Arnoux - Revue Place publique - janvier 2014 / Les camélias de Nantes

"Avec sa voix syncopée, un rythme afro-folk baigné de celte, de roots et de rock, de pop et de hip-hop, de jazz, une façon de chanter qui n’est pas sans rappeler les plus fameux folk-singer (chez nous Yacoub…), Sylvain GirO nous saisit à nouveau, mais à rebours de ce que nous attendions de lui, en une préoccupation que nous ne savions pas de lui. Là, c’est sur un sujet social, un homme devenu tout nu tout inutile, qui sous son toit se terre, qui va Au-devant de l’hiver. GirO ne parle ni de Mains d’or ni d’usine qu’a foutu l’camp à Singapour, mais le sujet est le même qui décidément travaille la chanson, celle qui jadis, justement, rythmait les gestes du travail. Comment à présent scander le vide, l’absence, le chômage, ces mains qui ne servent plus à rien ? A cette thématique dans l’air du temps GirO ajoute une pièce de choix sertie d’un bien beau talent. Voici un six titres, en public à Nantes. Frustration, cédé à moitié vide, à moitié plein. Qui nous fait simplement patienter d’un nouvel album promis pour l’automne 2014. Six chansons avec, chacune, pour des raisons différentes, leur part de nostalgie, de douce mélancolie. Leur choix de mots et cet agencement qui tient autant d’une écriture littéraire que de notes qui vont s’en emparer pour de folles épousailles. Des histoires de destriers et de mers enchaînées, d’une dame qui fait des bulles de savon, d’une autre et d’un amour dans Les camélias de Nantes, la chanson-titre menée par un violoncelle (Erwan Martinerie) se prenant pour viole de gambe. J’avais osé dire de Sylvain GirO qu’il était un des grands événements donnés à la chanson d’aujourd’hui, ou quelque chose comme ça. Je maintiens. Avec lui on joue avec des mots et des sons comme avec des balles, on est jongleur on est acrobate d’émotion. Les mots explosent en nos oreilles y délivrant toute leur histoire, leur magie. C’est d’autant plus surprenant que ça ne tient à rien ou si peu : une voix hors des chants communs, un violoncelle, une douce folie qui les anime. C’est simplement exemplaire."

Michel Kemper - blog Nos Enchanteurs, 17 décembre 2013 / Les camélias de Nantes

"Une formule épurée, voix et violoncelle (Erwan Martinerie, très inspiré entre archet et pizzicatti), c’est ce que nous propose Sylvain Giro dans ce petit six titres enregistré en public. Cette sobriété met en relief la qualité des textes signés du chanteur du pays nantais. Chaque chanson nous raconte une histoire où les mots prennent du sens, on est loin des amourettes et des bluettes servies d’ordinaire par la variété. La superbe Dame de Maumusson témoigne de cette volonté affichée depuis déjà quelques années par Sylvain Giro. Cette femme n’a manifestement plus toute sa tête mais la vie garde du souffle chez elle, avec une forme de magie. Les mots s’entrechoquent, les sonorités jouent et rejouent la petite tragédie que d’aucuns vivent dans le grand âge ou la folie. Si les textes traduisent un souci d’écriture, les mélodies, toujours signées Sylvain Giro, dénotent également une certaine sophistication que le violoncelle sait entourer de ses notes chaleureuses."

Karr Nij - Le cri de l’ormeau - octobre 2013 / Les camélias de Nantes

"Un disque parfois étrange laissant une impression de mystère, tant par certains textes parfois sibyllins, que par l’arrangement musical remarquable des musiciens. Une belle voix simple, claire et puissante, avec des textes bien écrits à résonance poétique qui cisèlent les mots et jouent avec leur sonorité. (...) Une impression dominante de nostalgie, celle de l’enfance notamment. L’amour y est présent mais mystérieux avec l’inaccessible Clémence et "Les yeux de son choix", ou impossible (Tu ne seras jamais). A quoi il faut ajouter le magnifique Je t’écris de la main gauche de la grande Danielle Messia, ici traitée de façon rythmée et sans épanchement lyrique. Et l’union de l’amour et de la mort avec le très beau L’étang Dodelodela. Un thème proche de la fin de Tristan et Yseult. Au total un étrange amalgame d’imagination débridée et de retour constant à un réalisme parfois désespéré. Un album à écouter pour sa profonde originalité, tant dans les textes que dans l’interprétation vocale et les arrangements, où certains pourraient trouver une parenté avec Bertrand Cantat, Gérard Manset ou Gabriel Yacoub. Une parenté seulement car en son genre, Sylvain GirO est bien unique et demande sans aucun doute à être découvert sur scène."

Guy Samson, Revue de chanson française "Récré’Action", N°65, octobre 2012 / Le batteur de grève

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